David Ellison et le pari de 110 milliards : la plus grande fusion de Paramount Skydance
La ministre britannique de la Culture et des Médias a notifié à Paramount Skydance et Warner Bros Discovery qu'elle était « encline à intervenir » dans leur fusion de 110 milliards de dollars (96,6 milliards d'euros). Une décision qui tranche avec l'approbation déjà obtenue aux États-Unis, en Chine, en Allemagne, en France, en Australie et en Arabie saoudite. Pour David Ellison, 43 ans, fils du cofondateur d'Oracle Larry Ellison et architecte de cette opération titanesque, l'heure est à la gestion de crise managériale.
David Ellison incarne une nouvelle génération de dirigeants hollywoodiens : formé dans la Silicon Valley, adossé à la fortune familiale (son père Larry Ellison, allié du président Trump, a cofondé Oracle), il a bâti Skydance avant de prendre les rênes de Paramount. Son profil mêle appétence technologique et vision industrielle du divertissement. À 43 ans, il pilote aujourd'hui la plus grande opération de fusion jamais tentée dans le secteur des médias américains. Son ambition ? Créer un géant capable de rivaliser avec Netflix, Disney et Amazon, en combinant les catalogues historiques de Paramount (Channel 5 au Royaume-Uni) et de Warner Bros (CNN International, HBO Max).
Ellison a promis aux studios hollywoodiens une production de 30 millions de films par an, un engagement qui traduit sa stratégie de volume. L'objectif : alimenter en continu les plateformes de streaming (Paramount+ et HBO Max), tout en maintenant une présence forte dans les salles de cinéma. Mais la consolidation inquiète. Plus de 5 500 acteurs, réalisateurs, producteurs et scénaristes ont signé une lettre ouverte dénonçant un risque de « réduction du nombre d'acheteurs de contenus, de perte d'emplois et d'augmentation des coûts pour les consommateurs ». Une mobilisation qui illustre les tensions internes à l'industrie face à cette concentration inédite.
David Ellison incarne une nouvelle génération de dirigeants hollywoodiens : formé dans la Silicon Valley, adossé à la fortune familiale (son père Larry Ellison, allié du président Trump, a cofondé Oracle), il a bâti Skydance avant de prendre les rênes de Paramount. Son profil mêle appétence technologique et vision industrielle du divertissement. À 43 ans, il pilote aujourd'hui la plus grande opération de fusion jamais tentée dans le secteur des médias américains. Son ambition ? Créer un géant capable de rivaliser avec Netflix, Disney et Amazon, en combinant les catalogues historiques de Paramount (Channel 5 au Royaume-Uni) et de Warner Bros (CNN International, HBO Max).
Ellison a promis aux studios hollywoodiens une production de 30 millions de films par an, un engagement qui traduit sa stratégie de volume. L'objectif : alimenter en continu les plateformes de streaming (Paramount+ et HBO Max), tout en maintenant une présence forte dans les salles de cinéma. Mais la consolidation inquiète. Plus de 5 500 acteurs, réalisateurs, producteurs et scénaristes ont signé une lettre ouverte dénonçant un risque de « réduction du nombre d'acheteurs de contenus, de perte d'emplois et d'augmentation des coûts pour les consommateurs ». Une mobilisation qui illustre les tensions internes à l'industrie face à cette concentration inédite.
Lisa Nandy et l'intervention britannique : une décision politique surprise
« À la suite d'échanges avec les parties et de recherches indépendantes, mes services ont écrit aujourd'hui, en mon nom, aux propriétaires actuels et préssentis de Warner Bros Discovery pour les informer que j'envisage d'intervenir », a déclaré Lisa Nandy le 30 juin. Cette annonce a pris de court les deux groupes, qui avaient déjà obtenu l'aval de six pays. Le gouvernement britannique invoque deux critères : le pluralisme médiatique et la concentration des actifs. Nandy, alliée d'Andy Burnham (futur Premier ministre en juillet 2026), assume une ligne interventionniste rare dans un pays historiquement favorable au libre-échange.
La ministre pointe deux risques majeurs. D'abord, la concentration des médias d'information : Paramount détient Channel 5, qui capte 3 % d'audience hebdomadaire selon l'Institut Reuters, tandis que Warner contrôle CNN International (2 %). Ensemble, ils pèseraient davantage face à la BBC (48 %) et ITV News (24 %). Ensuite, la question des contenus pour enfants : Paramount et Warner sont respectivement deuxième et troisième fournisseurs britanniques de contenus linéaires pour enfants, derrière la BBC. Nandy craint qu'une fusion « puisse entraîner une perte significative de présence dans un marché déjà limité ». William Turtle, associé du cabinet Slaughter and May, estime que « compte tenu de l'ampleur de la transaction et de ses ramifications politiques potentielles, cette décision aura été soigneusement pesée ».
La ministre pointe deux risques majeurs. D'abord, la concentration des médias d'information : Paramount détient Channel 5, qui capte 3 % d'audience hebdomadaire selon l'Institut Reuters, tandis que Warner contrôle CNN International (2 %). Ensemble, ils pèseraient davantage face à la BBC (48 %) et ITV News (24 %). Ensuite, la question des contenus pour enfants : Paramount et Warner sont respectivement deuxième et troisième fournisseurs britanniques de contenus linéaires pour enfants, derrière la BBC. Nandy craint qu'une fusion « puisse entraîner une perte significative de présence dans un marché déjà limité ». William Turtle, associé du cabinet Slaughter and May, estime que « compte tenu de l'ampleur de la transaction et de ses ramifications politiques potentielles, cette décision aura été soigneusement pesée ».
La réponse de Paramount : confiance affichée et engagement constructif
Paramount et Warner ont jusqu'au 6 juillet pour répondre aux préoccupations de Nandy. Un porte-parole de Paramount a réagi avec assurance : « Nous sommes convaincus que notre transaction proposée ne pose aucun problème de pluralisme médiatique au Royaume-Uni et restons confiants quant au calendrier de transaction annoncé. » Les deux groupes ont promis de continuer à licencier leurs contenus à des plateformes tierces, une garantie censée rassurer sur la diversité de l'offre. Mais le délai est serré : sept jours pour formuler des engagements crédibles, alors que l'Autorité britannique de la concurrence et des marchés (CMA) doit décider d'ici le 7 août si elle ouvre une enquête approfondie.
Le temps joue contre Ellison. Paramount a proposé une indemnité de retard de 25 cents par action pour chaque trimestre au-delà du 30 septembre 2026, soit environ 650 millions de dollars tous les trois mois. Un mécanisme destiné à rassurer les actionnaires, mais qui pèse sur la rentabilité de l'opération. Lisa Nandy a promis de statuer « dans les meilleurs délais », mais le processus réglementaire britannique peut s'étirer jusqu'à 24 semaines après le rapport initial de l'Ofcom et de la CMA. Chaque semaine de retard coûte cher, non seulement financièrement, mais aussi en termes de crédibilité managériale.
Le temps joue contre Ellison. Paramount a proposé une indemnité de retard de 25 cents par action pour chaque trimestre au-delà du 30 septembre 2026, soit environ 650 millions de dollars tous les trois mois. Un mécanisme destiné à rassurer les actionnaires, mais qui pèse sur la rentabilité de l'opération. Lisa Nandy a promis de statuer « dans les meilleurs délais », mais le processus réglementaire britannique peut s'étirer jusqu'à 24 semaines après le rapport initial de l'Ofcom et de la CMA. Chaque semaine de retard coûte cher, non seulement financièrement, mais aussi en termes de crédibilité managériale.

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