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Redevance aéroportuaire : l’ART rejette l’augmentation demandée par ADP




Lundi 16 Février 2026


Le régulateur tranche. L’augmentation de redevance voulue par ADP pour 2026-2027 n’aura pas lieu. Après deux propositions successives, l’ART oppose un rejet net et impose le gel des redevances dans les aéroports parisiens. Derrière cette décision, des désaccords techniques sur la rentabilité, les coûts et les prévisions de trafic. Pour le secteur de l’aviation, l’enjeu dépasse la simple redevance : il touche au financement même des infrastructures.



Redevance : pourquoi l’augmentation d’ADP a été rejetée par l’ART

Le 10 février 2026, l’Autorité de régulation des transports (ART) a refusé d’homologuer la seconde proposition tarifaire du Groupe ADP pour la période du 1er avril 2026 au 31 mars 2027. Or, selon la procédure prévue par le code des transports, l’absence d’homologation entraîne la reconduction automatique des tarifs en vigueur. Ainsi, « les tarifs en vigueur depuis le 1er avril 2025 demeureront applicables pour cette période », précise Zonebourse.

Pourtant, ADP avait tenté d’ajuster sa copie. En octobre 2025, l’exploitant des principaux aéroports franciliens avait proposé une augmentation uniforme de redevance de +1,5 %, à l’exception de la redevance d’assistance aux passagers à mobilité réduite. Cette dernière devait grimper de +15 %, relaye Ideal Investisseur. Face au premier rejet prononcé le 16 décembre 2025, ADP a ensuite présenté, le 15 janvier 2026, une seconde proposition fondée sur un gel global des redevances. Cependant, cette révision n’a pas non plus convaincu l’ART. 

Redevance et désaccord technique : le cœur du conflit entre ADP et l’ART

Le différend porte sur des paramètres financiers clés. En particulier, l’ART conteste le niveau de rentabilité attendu par ADP. D’après DeplacementsPros, le régulateur estime que « la rémunération des capitaux investis par ADP reste excessive au regard des risques encourus ». Concrètement, ADP tablait sur une rentabilité des capitaux comprise entre 4,5 % et 5,5 %, alors que le coût moyen pondéré du capital, ou WACC, retenu par l’ART s’établit autour de 4,3 %. 

En parallèle, l’ART met en cause les hypothèses de trafic et l’allocation des coûts. Le régulateur pointe les écarts entre prévisions et réalisations qui faussent le calcul des coûts imputés aux compagnies aériennes.

Redevance gelée : quelles conséquences pour l’aéroport et l’aviation française ?

Le gel de la redevance pour 2026-2027 entraîne d’abord une stabilité tarifaire pour les compagnies aériennes opérant dans chaque aéroport parisien. Les transporteurs évitent une hausse immédiate de leurs charges aéroportuaires. Toutefois, cette stabilité prive ADP d’une progression de recettes attendue pour financer son plan stratégique. Or, le groupe doit moderniser ses infrastructures et accompagner la transition environnementale de l’aviation. Le financement de ces investissements reposait en partie sur l’évolution des redevances.

La décision du régulateur français suscite des réactions au niveau européen. L’association Airports Council International Europe a estimé, dans un communiqué du 19 décembre 2025, que la position de l’ART « sape les fondements d’une régulation efficace et menace les investissements futurs ». Pour ACI Europe, un rejet répété d’augmentation de redevance risque d’affaiblir la compétitivité des grands aéroports français face à leurs concurrents. 

Aurélien Lacroix




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