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Plainte contre OpenAI : Britannica et Merriam-Webster accusent l’IA de piller leurs contenus




Mardi 17 Mars 2026


Une nouvelle plainte secoue l’univers de l’intelligence artificielle. Déposée à New York, elle vise OpenAI et relance le débat brûlant sur le droit d’auteur, les dictionnaires et l’exploitation des contenus éditoriaux à l’ère des modèles génératifs.



Une plainte contre OpenAI centrée sur le droit d’auteur

Le 13 mars 2026, une plainte majeure a été déposée devant un tribunal fédéral de Manhattan contre OpenAI. À l’origine de cette action : deux institutions historiques du savoir, Encyclopedia Britannica et Merriam-Webster, figures emblématiques du dictionnaire et de l’encyclopédie. Ce dossier judiciaire s’inscrit dans un contexte de multiplication des actions contre les géants de l’IA. En cause, l’utilisation massive de contenus protégés pour entraîner des modèles comme ChatGPT. Cette fois, les plaignants détaillent précisément ce qu’ils reprochent à OpenAI, chiffres et exemples à l’appui.

Au cœur de la plainte, un grief principal : l’utilisation non autorisée de contenus éditoriaux issus de Britannica et de Merriam-Webster. Selon Reuters, les deux entités accusent OpenAI d’avoir exploité leurs bases de données pour entraîner ses modèles d’intelligence artificielle sans accord préalable. Le chiffre avancé est particulièrement frappant. Près de 100 000 articles et définitions auraient été copiés pour alimenter les systèmes d’IA. Un volume massif qui, selon les plaignants, dépasse largement ce que pourrait autoriser un usage raisonnable ou pédagogique.

Plus encore, la plainte insiste sur la nature même des contenus générés par ChatGPT. Elle évoque des reproductions quasi identiques, qualifiées de « copies presque mot pour mot des entrées de l’encyclopédie Britannica » selon Reuters. Dans le détail, les plaignants soutiennent que cette pratique nuit directement à leur activité économique. En effet, les utilisateurs peuvent obtenir des réponses issues de l’IA sans consulter les sources originales. Résultat : une perte de trafic et potentiellement de revenus pour ces éditeurs historiques.

Une plainte qui vise aussi la marque et la crédibilité du dictionnaire

Au-delà du droit d’auteur, la plainte contre OpenAI introduit un second volet tout aussi stratégique : la question de la marque. Britannica accuse la société d’intelligence artificielle d’entretenir une confusion auprès du public.

Selon Reuters, OpenAI serait susceptible de laisser croire que Britannica autorise ou soutient l’utilisation de ses contenus. Cette ambiguïté poserait un problème majeur pour l’image de marque de l’éditeur, fondée sur la rigueur et la fiabilité de ses articles. Le document judiciaire va plus loin. Il affirme que « la loi ne permet pas le mépris systématique des droits et de la propriété intellectuelle », selon la plainte déposée le 13 mars 2026.

Autre élément sensible : les erreurs générées par l’intelligence artificielle. La plainte évoque des cas où ChatGPT attribuerait à Britannica des informations incorrectes. Ces « hallucinations » pourraient, selon Reuters, porter atteinte à la crédibilité du dictionnaire et de l’encyclopédie. Dans un secteur où la réputation repose sur la précision, ce type d’erreur est perçu comme un risque majeur. D’autant plus que les contenus générés circulent rapidement et massivement.
 

La défense d’OpenAI face à la plainte : l’argument du fair use

Face à ces accusations, OpenAI adopte une ligne de défense désormais bien établie. L’entreprise affirme que ses modèles sont entraînés à partir de données accessibles publiquement et que cet usage relève du « fair use », un principe clé du droit américain. Un porte-parole d’OpenAI a ainsi déclaré que « nos modèles favorisent l’innovation et sont entraînés à partir de données accessibles publiquement dans le respect de l’usage équitable ». Une position qui s’inscrit dans la continuité des arguments avancés par l’ensemble du secteur de l’intelligence artificielle. Cependant, cette justification est loin de faire consensus. Les plaignants contestent précisément cette interprétation du droit, estimant que l’ampleur de l’utilisation dépasse les limites du fair use. L’enjeu est donc juridique, mais aussi économique.

L’affaire Britannica contre OpenAI ne constitue pas un cas isolé. Au contraire, elle s’inscrit dans une vague de litiges opposant créateurs de contenus et entreprises technologiques. Cette multiplication des plaintes illustre un tournant dans l’industrie. Les détenteurs de droits cherchent désormais à encadrer plus strictement l’utilisation de leurs contenus dans les systèmes d’intelligence artificielle.

Dans ce contexte, l’enjeu dépasse largement le cas d’un dictionnaire ou d’une encyclopédie. Il s’agit de définir les règles d’un nouvel écosystème où les données deviennent la matière première de l’innovation. La décision judiciaire à venir pourrait donc faire jurisprudence. Elle déterminera notamment si les modèles d’IA peuvent continuer à s’entraîner sur des contenus protégés sans compensation, ou si un nouveau cadre économique doit émerger.

 

François Lapierre




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